Dictionnaire ésotérique Ésotérisme et symboles
Ésotérisme : définition, histoire du mot et grands courants
Ésotérisme
Ensemble de courants et de savoirs symboliques qui revendiquent l'accès à un sens caché du monde, réservé à des initiés ; le mot vient du grec esôterikos, « de l'intérieur ».
Le mot évoque le secret, l'initiation, parfois le folklore. Il a pourtant une histoire précise : un adjectif grec, un substantif français apparu en 1828, et un ensemble de courants que les historiens étudient aujourd'hui comme un pan à part entière de la culture occidentale.
Définition
Est ésotérique, au sens premier, un enseignement réservé à un cercle intérieur de disciples. Par extension, l’ésotérisme désigne un ensemble de courants spirituels et de savoirs symboliques qui prétendent accéder, par l’initiation, l’interprétation des textes ou l’expérience intérieure, à un sens caché du monde. Les historiens l’étudient comme un fait culturel, sans se prononcer sur la vérité de ses doctrines.
Ésotérique et exotérique
Le mot vient du grec esôterikos, « de l’intérieur ». Aristote évoquait déjà ses discours « exotériques », tenus hors de son école ; « ésotérique » apparaît comme leur pendant au IIe siècle chez Lucien de Samosate, et vers 310 le néoplatonicien Jamblique nomme ainsi les disciples les plus avancés de Pythagore. En français, l’adjectif figure en 1752 dans le Supplément du Dictionnaire de Trévoux, qui le définit comme « ce qui est obscur, caché, et peu commun ». Le nom est plus récent : on le relève en 1828 chez l’historien Jacques Matter, et Éliphas Lévi le popularise dans les années 1850.
Les grands courants de l’ésotérisme occidental
L’Antiquité tardive lègue l’hermétisme, la gnose et le néoplatonisme. Le Moyen Âge voit fleurir l’alchimie, la magie savante et, dans le judaïsme, la kabbale, que des savants de la Renaissance comme Pic de la Mirandole christianisent. Suivent la théosophie chrétienne de Jacob Böhme et les manifestes rosicruciens (1614-1616), la franc-maçonnerie, puis l’occultisme du XIXe siècle, la Société théosophique fondée en 1875 et la Golden Dawn. L’historien Antoine Faivre a proposé en 1992 de reconnaître ces courants à quatre traits : des correspondances entre toutes les parties de l’univers, une nature vivante, le rôle de l’imagination et des intermédiaires, l’expérience d’une transmutation intérieure. Le tarot n’entre dans ce paysage qu’à la fin du XVIIIe siècle ; auparavant, c’était un jeu, comme le rappelle notre guide pour débuter au tarot de Marseille.
Termes liés
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Ésotérisme et symboles
Pentacle
Talisman portant une figure magique, tracée sur parchemin ou sur métal, à ne pas confondre avec le pentagramme ; au tarot, nom donné aux deniers par le Rider-Waite-Smith.
Questions fréquentes
Quelle différence entre ésotérisme et occultisme ?
Les deux mots se recouvrent en partie. « Ésotérisme » désigne l'ensemble des courants qui revendiquent un savoir caché, de l'Antiquité à nos jours. « Occultisme », mis en circulation par Éliphas Lévi au XIXe siècle, nomme plus précisément le mouvement de cette époque qui voulait réunir magie, kabbale, astrologie, alchimie et tarot en une « science occulte », celle de Papus ou de la Golden Dawn.
L'ésotérisme est-il une religion ?
Non. Il ne forme ni une Église ni une doctrine unique : ce sont des courants très divers, souvent nés à l'intérieur des religions, comme la kabbale dans le judaïsme ou la théosophie chrétienne de Jacob Böhme, ou à leurs marges. Les universitaires l'étudient aujourd'hui comme un domaine de l'histoire des religions et des idées, sans adhérer à ses croyances ni les tourner en dérision.
Sources
- Ésotérisme, Wikipédia fr.wikipedia.org
- Western esotericism, Wikipedia (en) en.wikipedia.org
- Eliphas Levi, Wikipedia (en) en.wikipedia.org