AstrologieNiveau : Débutant

Les planètes en astrologie : ce que symbolise chacune d’elles

Dans un thème astral, les signes donnent le ton, mais ce sont les planètes qui agissent. Chacune porte une fonction symbolique héritée d'une longue histoire : divinités babyloniennes, dieux gréco-romains, qualités décrites par Ptolémée, puis ajouts modernes après la découverte d'Uranus, de Neptune et de Pluton. Voici ce que chacune représente, et comment la lire sans en faire une étiquette.

Des « astres errants » aux planètes de l’astrologie

Le mot planète vient du grec planêtês, « errant ». Les Grecs désignaient ainsi les astres qui, au fil des nuits, se déplacent par rapport aux étoiles fixes. À l’œil nu, on en compte sept : le Soleil, la Lune, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne. L’astrologie ancienne range le Soleil et la Lune parmi elles, puisqu’ils cheminent eux aussi le long du zodiaque, mais leur réserve un nom particulier : les luminaires.

Leurs significations se sont déposées par couches successives. Les Babyloniens associaient déjà chaque planète à une divinité : Mercure à Nabu, dieu des scribes, Vénus à Ishtar, déesse de l’amour, Mars à Nergal, Jupiter à Marduk, roi des dieux. Les Grecs puis les Romains y ont reconnu leurs propres dieux, Hermès-Mercure, Aphrodite-Vénus, Arès-Mars, Zeus-Jupiter, Cronos-Saturne, dont les planètes portent encore les noms latins. Au IIe siècle de notre ère, Ptolémée explique dans la Tétrabible leur action par des qualités physiques : une planète réchauffe, refroidit, humidifie ou dessèche. Celles qui réchauffent ou humidifient avec mesure, Jupiter et Vénus, sont dites bénéfiques ; celles qui refroidissent ou dessèchent à l’excès, Saturne et Mars, maléfiques. Notre semaine garde la trace de ce système : lundi, mardi, mercredi, jeudi et vendredi sont les jours de la Lune, de Mars, de Mercure, de Jupiter et de Vénus.

Les luminaires : le Soleil et la Lune

Le Soleil parcourt le zodiaque en un an, à raison d’un peu moins d’un degré par jour. Il figure le centre de la personne : la vitalité, la volonté, la conscience de soi, ce que l’on cherche à faire rayonner. C’est sa position qui donne le « signe » des horoscopes. Il gouverne le Lion. Au tarot, la Golden Dawn, ordre occultiste britannique de la fin du XIXe siècle, lui a rattaché la lame qui porte son nom, Le Soleil (XVIIII).

La Lune est l’astre le plus rapide du thème : elle avance de plus de douze degrés par jour et change de signe environ tous les deux jours et quart. Elle figure la sensibilité, les émotions, les habitudes, la mémoire et le besoin de sécurité, tout ce qui réagit avant de réfléchir. Elle gouverne le Cancer. Un piège de vocabulaire guette l’amateur de tarot : la lame La Lune (XVIII) n’est pas celle que la Golden Dawn attribue à l’astre. Elle la rattache au signe des Poissons et confie la Lune à La Papesse.

Mercure, Vénus et Mars, les planètes personnelles

Les manuels modernes appellent planètes personnelles le Soleil, la Lune, Mercure, Vénus et Mars. Ce sont des astres rapides, dont la position change d’une personne à l’autre à quelques jours ou semaines près : ils décrivent un tempérament individuel.

  • Mercure, messager des dieux, figure l’intelligence pratique, la parole, l’écrit, les échanges et le commerce. Vu de la Terre, il ne s’écarte jamais de plus de 28 degrés du Soleil : il occupe donc le même signe que lui ou un signe voisin. Il gouverne les Gémeaux et la Vierge.
  • Vénus, le « petit bénéfique », figure l’attirance, le plaisir, le goût, l’harmonie, la manière d’aimer et d’apprécier. Elle ne s’éloigne pas de plus de 47 degrés du Soleil. Elle gouverne le Taureau et la Balance.
  • Mars, le « petit maléfique », figure l’énergie, le désir, le courage et la combativité, avec pour revers la colère et l’impulsivité. Il gouverne le Bélier et, traditionnellement, le Scorpion.

Comme toutes les planètes, à l’exception des luminaires, elles connaissent des phases de rétrogradation, où elles semblent reculer parmi les étoiles. L’astrologie grand public en fait, surtout pour Mercure, des périodes de retards et de malentendus ; il s’agit en réalité d’un simple effet de perspective, dû au mouvement de la Terre.

Jupiter et Saturne, les planètes sociales

Jupiter met un peu moins de douze ans à faire le tour du zodiaque, Saturne près de trente : ils restent environ un an et deux ans et demi dans chaque signe. Les astrologues modernes les disent sociales, parce qu’ils décrivent moins un tempérament que le rapport d’une personne au monde qui l’entoure : ses croyances, ses règles, sa place dans la société.

Jupiter, le « grand bénéfique », figure l’expansion, la confiance, la générosité et la recherche de sens, avec pour revers l’excès et la démesure. Il gouverne le Sagittaire et, traditionnellement, les Poissons ; au tarot, la Golden Dawn lui associe La Roue de Fortune. Saturne, le « grand maléfique », figure la limite, la structure, la discipline et le temps long : on lui attribue les épreuves, mais aussi la maturité. Les astrologues appellent « retour de Saturne » le moment, vers vingt-neuf ou trente ans, où la planète revient à sa position de naissance. Saturne gouverne le Capricorne et, traditionnellement, le Verseau. Longtemps la planète connue la plus éloignée du Soleil, elle fermait le système des sept astres.

Uranus, Neptune et Pluton : les ajouts modernes

Le 13 mars 1781, depuis son jardin de Bath, l’astronome William Herschel aperçoit un astre qu’il prend d’abord pour une comète : c’est Uranus, première planète découverte au télescope. Neptune suit en 1846, observée par Johann Galle à un degré de la position calculée par Urbain Le Verrier, puis Pluton en 1930, repérée par Clyde Tombaugh à l’observatoire Lowell, en Arizona. Les astrologues les ont intégrées à leur système, non sans débats sur les signes qu’elles devaient gouverner.

  • Uranus, du nom du dieu grec du Ciel, figure l’originalité, l’indépendance, la rupture et le changement soudain. Maître moderne du Verseau.
  • Neptune, dieu des mers, figure l’idéal, le rêve et l’inspiration, mais aussi la confusion et l’illusion. Maître moderne des Poissons.
  • Pluton, dieu des Enfers, figure le pouvoir, les profondeurs et la transformation. Maître moderne du Scorpion, il est décrit par les astrologues modernes comme une « octave supérieure » de Mars.

Ces trois planètes, dites transpersonnelles ou générationnelles, sont lentes : Uranus reste environ sept ans dans un signe, Neptune près de quatorze, Pluton plus longtemps encore, de façon inégale à cause de son orbite très allongée. Les enfants nés la même année partagent donc presque toujours leur position par signe, et l’on y lit plutôt l’empreinte d’une génération. En 2006, l’Union astronomique internationale a reclassé Pluton parmi les planètes naines. Cela ne change rien pour l’astrologie, qui n’a jamais suivi la définition astronomique : elle compte depuis l’Antiquité le Soleil et la Lune parmi ses « planètes ».

Domiciles et dignités : où chaque planète est chez elle

La tradition attribue à chaque planète un ou deux signes de domicile, où elle s’exprime avec le plus d’aisance. Le schéma exposé par Ptolémée est symétrique : le Soleil reçoit le Lion, la Lune le Cancer, puis Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne, de la plus rapide à la plus lente, gouvernent chacune les deux signes suivants, de part et d’autre de ce couple. Le signe opposé au domicile s’appelle l’exil : la planète y agit à contre-courant. S’y ajoutent l’exaltation, un signe où la planète est particulièrement valorisée, et la chute, le signe opposé, où elle est affaiblie. Les exaltations sont déjà en usage dans l’astrologie mésopotamienne, sans que l’on sache pourquoi ces signes avaient été retenus.

Planète Domicile Exil Exaltation Chute
Soleil Lion Verseau Bélier Balance
Lune Cancer Capricorne Taureau Scorpion
Mercure Gémeaux, Vierge Sagittaire, Poissons Vierge Poissons
Vénus Taureau, Balance Scorpion, Bélier Poissons Vierge
Mars Bélier, Scorpion Balance, Taureau Capricorne Cancer
Jupiter Sagittaire, Poissons Gémeaux, Vierge Cancer Capricorne
Saturne Capricorne, Verseau Cancer, Lion Balance Bélier

Les maîtres modernes, Uranus pour le Verseau, Neptune pour les Poissons et Pluton pour le Scorpion, se superposent à ce schéma ; certains astrologues gardent les deux maîtres pour ces trois signes. Notre introduction aux douze signes présente chaque signe avec son maître.

Lire une planète dans un thème sans la figer

Dans un thème astral, une planète ne se lit jamais seule. Les astrologues la situent par trois coordonnées : le signe, qui donne sa manière (Mars en Balance ne combat pas comme Mars en Bélier) ; la maison, qui indique le domaine où elle s’exerce ; les aspects, qui disent avec quelles autres planètes elle dialogue. Leurs positions se lisent dans les éphémérides ou un logiciel ; seules les maisons et l’ascendant exigent l’heure et le lieu de naissance.

Quelques précautions gardent la lecture ouverte :

  • une planète est une fonction, pas un destin : Saturne en maison VII, celle des relations, ne condamne personne à un mariage malheureux, il invite à se demander quelle place on donne à l’engagement et au temps ;
  • « bénéfique » et « maléfique » sont des catégories de l’astrologie ancienne ; on peut les lire aujourd’hui comme une facilité et un effort plutôt que comme une chance et un malheur ;
  • les mêmes mots-clés reviennent d’un manuel à l’autre, mais leur combinaison reste une interprétation, que l’effet Barnum rend aisément convaincante.

Les tests contrôlés n’ont pas montré que les positions planétaires décrivent un caractère mieux que le hasard. Lues comme un répertoire de figures, les planètes offrent en revanche un vocabulaire pour nommer des forces que chacun connaît : l’élan de Mars, la mesure de Saturne, la sensibilité de la Lune.

Questions fréquentes

Pourquoi le Soleil et la Lune sont-ils appelés planètes en astrologie ?

Parce que le mot planète signifiait d'abord « astre errant » : il désignait tout astre qui se déplace par rapport aux étoiles fixes. Vus de la Terre, le Soleil et la Lune cheminent le long du zodiaque comme Mercure ou Mars, et l'astrologie ancienne les comptait donc parmi les sept planètes. Elle leur donne toutefois un nom à part, les luminaires, et leur accorde un poids particulier dans le thème.

Pluton n'est plus une planète : a-t-elle encore un sens en astrologie ?

Pour les astronomes, Pluton est une planète naine depuis la décision de l'Union astronomique internationale de 2006. Ce reclassement ne change ni son mouvement ni sa position dans le ciel, seuls éléments qu'utilise l'astrologie. Les astrologues qui l'intègrent au thème continuent donc d'y lire le pouvoir et la transformation ; ceux qui suivent la tradition ancienne s'en tiennent, eux, aux sept astres visibles à l'œil nu.

Que signifie une planète en domicile ou en exil ?

Une planète est en domicile dans le signe qu'elle gouverne : Mars en Bélier, Vénus en Taureau. La tradition considère qu'elle s'y exprime avec aisance. L'exil est le signe opposé, où elle agit à contre-courant, sans perdre pour autant sa force. L'exaltation et la chute forment un second couple du même type. Ces dignités nuancent la lecture : elles ne rendent aucune planète bonne ou mauvaise en soi.

Quelle différence entre planètes personnelles et générationnelles ?

Les planètes personnelles, du Soleil à Mars, sont rapides : leur position change à quelques jours ou semaines près et varie d'une personne à l'autre. Uranus, Neptune et Pluton restent au contraire des années dans le même signe, si bien que tous les enfants nés à la même période le partagent. Les astrologues lisent donc surtout leur maison et leurs aspects, et voient dans leur signe la marque d'une génération.

Avoir Saturne ou Mars en valeur dans son thème est-il un mauvais signe ?

Non. Les qualificatifs de « maléfique » viennent de l'astrologie antique, qui raisonnait en termes de chaud, de froid, de sec et d'humide. Lus aujourd'hui, Saturne et Mars désignent plutôt des domaines d'effort : la patience et la structure pour l'un, l'élan et l'affirmation pour l'autre. Aucun thème ne prédit un malheur, et une planète dite difficile invite à réfléchir, pas à s'inquiéter.

Sources

  1. Planets in astrology, Wikipedia (en) en.wikipedia.org
  2. Classical planet, Wikipedia (en) en.wikipedia.org
  3. Tetrabiblos, Wikipedia (en) en.wikipedia.org
  4. Dignités planétaires, Wikipédia fr.wikipedia.org
  5. Exaltation (astrology), Wikipedia (en) en.wikipedia.org
  6. Uranus (planète), Wikipédia fr.wikipedia.org