Dictionnaire ésotérique Yi King et pensée chinoise

Yin et yang : définition, origine et rôle dans le Yi King

Yin et yang

Couple de pôles opposés et complémentaires de la pensée chinoise, l'ombre et la lumière, le réceptif et l'actif, que le Yi King figure par des traits brisés et des traits pleins.

Avant d'être un symbole décoratif, le yin et le yang désignaient l'ombre et le soleil sur les flancs d'une colline. Devenus les deux pôles de toute la pensée chinoise, ils donnent au Yi King ses deux seuls signes : le trait brisé et le trait plein.

Définition

Yin et yang désignent, dans la pensée chinoise, deux aspects opposés et complémentaires que l’on retrouve en toute chose : l’ombre et la lumière, le repos et le mouvement, le réceptif et l’actif. Aucun n’existe seul, et chacun se change en l’autre lorsqu’il atteint son terme. Ce ne sont ni des substances ni des valeurs morales, le bien d’un côté et le mal de l’autre, mais les deux temps d’une même alternance.

Une notion de la pensée chinoise ancienne

Au départ, les deux mots décrivent un paysage : le yin est le versant d’une colline tourné vers le nord, à l’ombre, le yang le versant ensoleillé exposé au sud. Des noms de lieux en gardent la trace, comme la ville de Hengyang, au sud du mont Heng. Selon l’historien des sciences Joseph Needham, l’usage philosophique des termes s’installe vers le début du IVe siècle avant notre ère ; on l’associe ensuite à l’école du yin et du yang, dont Zou Yan est la figure la plus citée. La notion se combine avec celle des cinq phases (bois, feu, terre, métal, eau), qu’il ne faut pas confondre avec les quatre éléments des Grecs.

Traits pleins, traits brisés

Le Yi King traduit ce couple en deux signes : le trait plein, continu, pour le yang, le trait brisé, coupé en son milieu, pour le yin. Trois traits forment un trigramme, six un hexagramme. Le Grand Commentaire, dont un manuscrit a été retrouvé à Mawangdui dans une tombe datée de 168 avant notre ère, résume cette vision d’une formule : « un yin, un yang, voilà ce qu’on appelle la Voie ». Lors d’une consultation, les nombres 7 et 9 donnent un trait yang, 6 et 8 un trait yin ; le 6 et le 9, dits « vieux », se changent en leur contraire. C’est ce passage incessant d’un pôle à l’autre que nomme le titre de Livre des mutations.

Termes liés

Questions fréquentes

Le yin est-il féminin et le yang masculin ?

La tradition chinoise associe bien le yin au féminin et le yang au masculin : dans le Yi King, le trigramme de trois traits brisés figure la mère, celui de trois traits pleins le père. Mais ce n'est qu'une correspondance parmi d'autres, à côté de l'ombre et de la lumière ou du repos et du mouvement, et chaque être, quel qu'il soit, est traversé par les deux pôles.

D'où vient le symbole du yin et du yang ?

Le cercle partagé en deux gouttes, l'une noire, l'autre blanche, n'est pas antique. Le philosophe Zhou Dunyi (1017-1073), sous les Song, commente un « diagramme du Faîte suprême » (taijitu), mais la forme tourbillonnante que l'on connaît apparaît sous les Ming : Zhao Huiqian l'introduit dans les années 1370, et elle devient d'usage courant à la fin de cette dynastie.

Sources

  1. Yin and yang, Wikipedia (en) en.wikipedia.org
  2. Taijitu, Wikipedia (en) en.wikipedia.org
  3. Yi Jing, Wikipédia fr.wikipedia.org
  4. Zhouyi, Xici (Grand Commentaire), première partie, Wikisource (zh) zh.wikisource.org
  5. Wuxing (Chinese philosophy), Wikipedia (en) en.wikipedia.org
Retour à l’index, lettre Y