Dictionnaire ésotérique Pratiques divinatoires

Radiesthésie : pendule, baguette et ce qu’en dit la science

Radiesthésie

Pratique qui prétend détecter sources, objets cachés ou réponses à des questions grâce aux mouvements d’un pendule ou d’une baguette tenus à la main, expliqués par l’effet idéomoteur.

Le pendule tourne, la baguette plonge : le mouvement est réel, et c’est bien ce qui trouble. Reste à savoir qui le produit. Depuis Chevreul, la réponse tient en deux mots, et les expériences contrôlées l’ont confirmée.

Définition

La radiesthésie prétend détecter, à l’aide d’un pendule ou d’une baguette tenus à la main, ce qui est caché : une source, un filon, un objet perdu, voire la réponse à une question. Le mouvement de l’instrument, rotation ou balancement du pendule, inclinaison de la baguette, trahirait un « rayonnement » perçu par l’opérateur. Faute de résultats reproductibles, elle est classée parmi les pseudosciences.

Origine du mot et de la pratique

Le mot a été forgé au début du XXe siècle par l’abbé Alexis Bouly, avec l’abbé Louis Bayard, à partir du latin radius, « rayon », et du grec aisthêsis, « sensation ». Bouly fonde en 1929 l’Association des amis de la radiesthésie. La pratique est bien plus ancienne : Martin Luther condamne dès 1518 la recherche des métaux à la baguette, que Georgius Agricola décrit en détail en 1556 dans son De re metallica.

L’effet idéomoteur et les tests contrôlés

Le chimiste Michel-Eugène Chevreul l’établit pour le pendule dès 1833, puis pour la baguette dans un livre de 1854 : les mouvements naissent d’infimes contractions musculaires inconscientes. C’est l’effet idéomoteur, nommé en 1852 par le physiologiste William B. Carpenter. Il suffit d’attendre un « oui » pour que la main, à son insu, imprime le balancement correspondant. En double aveugle, à Kassel, en 1990, une trentaine de sourciers éprouvés sous l’égide de l’association sceptique allemande GWUP ne font pas mieux que le hasard. À Munich, en 1987-1988, 43 sourciers sélectionnés parmi 500 passent 843 essais ; les expérimentateurs concluent à un « noyau réel » de réussites, mais James T. Enright montre que ces résultats restent compatibles avec de simples fluctuations statistiques. Le pendule ne dit donc que ce que l’on pense déjà : comme avec l’effet Barnum, on prend pour une révélation ce qui vient de soi. Avant de payer une consultation, lisez notre guide pour éviter les arnaques à la voyance ; pour un usage introspectif des symboles, voyez comment débuter au tarot de Marseille.

Termes liés

Dans le même domaine : Pratiques divinatoires

  • Pratiques divinatoires

    Géomancie

    Art divinatoire transmis par le monde arabe médiéval, fondé sur seize figures de quatre lignes à un ou deux points, obtenues en traçant au hasard des rangées de points dont on retient la parité.

  • Pratiques divinatoires

    Médiumnité

    Faculté que s’attribuent certaines personnes de servir d’intermédiaire avec les esprits des morts ou de percevoir l’invisible ; aucune étude contrôlée ne l’a établie.

  • Pratiques divinatoires

    Runes

    Lettres des plus anciens alphabets germaniques, les futharks, gravées dès le IIe siècle ; leur emploi divinatoire, faute de témoignage ancien certain, est une pratique moderne.

Questions fréquentes

Le pendule peut-il répondre par oui ou par non ?

Il bouge, mais c’est la main qui le fait bouger. L’effet idéomoteur, décrit dès le XIXe siècle, montre qu’une attente ou une pensée suffit à déclencher des micro-mouvements musculaires inconscients, amplifiés par le fil. Le pendule reflète donc ce que l’on croit ou espère déjà. Pour s’en convaincre, il suffit d’essayer de répondre à une question dont on ignore vraiment la réponse, vérifiée ensuite par un tiers.

Les sourciers trouvent pourtant de l’eau, non ?

Trouver de l’eau ne prouve pas que la baguette y soit pour quelque chose : encore faut-il réussir plus souvent qu’en creusant au hasard ou en suivant un hydrogéologue. C’est ce que les tests contrôlés ont mesuré. À Kassel en 1990 comme dans de nombreuses autres épreuves, les sourciers n’ont pas fait mieux que le hasard, et la réanalyse de l’expérience de Munich n’a pas établi de don particulier.

Qui a inventé le mot radiesthésie ?

L’abbé Alexis Bouly (1865-1958), né à Condette, dans le Pas-de-Calais, l’a forgé avec l’abbé Louis Bayard au début du XXe siècle, en associant le latin radius, « rayon », et le grec aisthêsis, « sensation ». Le terme supposait que pendule et baguette captent des rayonnements émis par les objets. Bouly fonda en 1929 l’Association des amis de la radiesthésie, qui contribua à populariser le mot.

Sources

  1. Radiesthésie, Wikipédia fr.wikipedia.org
  2. Alexis Bouly, Wikipédia fr.wikipedia.org
  3. Dowsing, Wikipedia (en) en.wikipedia.org
  4. Ideomotor phenomenon, Wikipedia (en) en.wikipedia.org
Retour à l’index, lettre R